Action 28 : témoignages
{short description of image}
{short description of image}

Les témoignages de quelques participants ...ou LACtion 28 vue de l'intérieur...

(Eva ROTHER, Adrien FRAGIACOMO, Magali ISSERT, Laetitia DECORTE, Bruno CELLE)


 

La 28e action du projet d'établissement 1995/96

Ou LACtion 28 pour les intimes !

EVA ROTHER - 9 novembre 1999 -

LACtion 28 : des pages ne suffiraient pas à raconter les 3 années que j'ai passées au sein de cette action et pourtant, depuis plusieurs jours, je reste bloquée devant cette feuille blanche, n'arrivant à trouver les mots pour en parler.

Quelles sont les raisons qui m'ont poussée à m'impliquer dans cette action ? Je ne saurais le dire moi-même. Peut-être parce qu'elle fut présentée avec plus d'enthousiasme que les autres associations ou parce que le problème des handicapés me touche particulièrement du fait de la profession de ma mère (elle est éducatrice et a exercé en IME et CAT) et de la présence de personnes handicapées physiques et mentales dans ma famille.

Quoi qu'il en soit j'assistais à la toute première réunion de LACtion 28 en septembre 1995. Cette réunion fut par la suite suivie de nombreuses autres puisque, durant mes 3 années de lycée, je suis restée fidèle à cette action. Un tel attachement à ce projet et à ces réunions s'explique par le fait que l'absentéisme, et je l'écris sans rire, était autorisé.

En effet, la priorité a toujours été donnée aux études et, en cas d'emploi du temps surchargé ou d'interrogations à répétition, LACtion 28 pouvait être reléguée au second plan sans que personne ne nous en tienne rigueur. C'est cette souplesse dans le " règlement " qui m'a permis de m'impliquer dans cette action jusqu'en fin de terminale.

Les réunions de LACtion 28 ont donc été pour moi un moment privilégié dans la semaine.

Base d'une réflexion sur l'insertion des travailleurs handicapés et de l'apprentissage d'un nouveau moyen de communication, ces réunions ont toutefois toujours été placées sous le signe de la bonne humeur. Les moments de doute quant à la poursuite de notre projet et de déception face à certaines situations ont pu, grâce à cette joie de vivre, être surmontés et je crois pouvoir affirmer que le rire est le maître mot du groupe. De plus malgré, je l'ai dit, quelques mauvais souvenirs, LACtion 28 laissera avant tout en moi un sentiment de fierté depuis le jour où j'ai appris que de jeunes sourds allaient (enfin !) être intégrés au LAC

Je pense qu'encore aujourd'hui tous les membres de LACtion 28 doivent ressentir une grande satisfaction d'avoir pu aider à accomplir ce petit " miracle ". Je ne m'attarderai pas plus sur tout ce qu'a pu m'apporter LACtion 28, mais je dirais simplement pour finir que ce projet m'a permis de m'ouvrir à un monde qui m'était jusqu'alors inconnu et de prendre conscience des difficultés que pouvaient connaître les personnes handicapées.

J'ai d'ailleurs tenté de sensibiliser l'année dernière ma classe au problème d'insertion et de réinsertion des travailleurs handicapés en choisissant ce thème comme sujet d'expression de 1ère année. Cette année, je tenterai, avec cinq autres camarades, de réaliser un documentaire sur " le monde des sourds " dans le cadre du projet audiovisuel de 2ème année. Et, dans les couloirs, on commence à parler de créer une association afin d'apprendre la langue des signes. LACtion 28 se poursuit donc à l'INSA de Lyon avec, je l'espère encore, de beaux jours devant elle.


IMPRESSIONS SUR L'ACTION 28

Adrien FRAGIACOMO - 19 novembre 1999 - TS2 ERO

Depuis 3 ans que je participe à l'action 28, j'ai eu la possibilité de mieux m'intégrer dans la vie du lycée car elle favorise de meilleurs relations avec le personnel et les élèves.

Ma participation au sein de ce dispositif fut d'aider à l'apprentissage de la langue des signes française qui est, il faut le reconnaître, une langue à part entière. Cet apprentissage, bien que difficile, est très plaisant, appréciable, en raison d'une méthode différente d'enseignement.

C'est ce qui a attiré le plus mon attention sur cette action. Prenant de leur temps libre pour venir au cours de gestuel, les élèves sont nombreux, motivés et réguliers dans leur apprentissage. Cela permet qu'ensemble nous découvrons une langue pratiquée par les 2 jeunes sourds évoluant au milieu de nous, d'où mon investissement personnel.

 


Communiquer : tentez l'aventure!!

Magali ISSERT - novembre 1999

 

La communication est un mot de notre société. Alors que nous savons communiquer avec l'autre bout du monde par l'intermédiaire d'internet, nous ne savons pas communiquer avec tous ceux qui sont à côté de nous car il nous mangue le langage des signes.

Sans ça, il reste un " fossé " entre les malentendants et nous. Le but de l'action 28 est de faire en sorte que ce fossé n'existe plus en apprenant le langage des signes et grâce à un échange avec l'institution des jeunes sourds de Bourg-en-Bresse, tout en travaillant sur les possibilités d'intégration de personnes handicapées au sein de notre lycée.

Le temps que j'ai passé en tant que membre de l'action 28 m'a énormément apporté sur le plan humain : aucun handicap ne doit mettre un individu à l'écart. Même si nous ne connaissions pas le langage des signes, nous avons toujours trouvé le moyen de nous comprendre avec nos amis de Bourg. Cette expérience reste vraiment un excellent souvenir pour moi.

Je conseille à tous ceux qui cherchent une ouverture d'esprit différente et de nouveaux contacts de tenter " l'aventure de l'action 28 ".


Laetitia DECORTE - 23 novembre 1999

L'action 28… Quel nom un peu barbare pour une action lycéenne aussi enrichissante ! Ce projet m'a permis de faire découvrir aux autres un petit peu de la culture sourde à travers les cours de langue des signes que je donnais une fois par semaine et aussi de voir à quel point il était enrichissant de se lancer dans un tel projet, surtout quand celui-ci aboutit. Alors, je n'ai qu'un mot à dire : que ça continue comme ça et bravo à ceux qui ont pris la relève.

 


Bruno CELLE - 22 novembre 1999

Ce projet a permis et permet :

  • Sur le plan du LSF :
    • Un enrichissement personnel
    • Une possibilité de communiquer, même en conditions défavorables (bruit…) et simultanément (en étant au téléphone…) Eh oui ! si l'on inculque quelques bases à notre entourage, c'est comme un code, mais international.
    • Une approche d'un langage dont une grande partie est " instinctive "
  • Sur le plan humain :
    • Un enrichissement personnel
    • De bons moments passés en compagnie de certaines personnes en dehors du cadre scolaire
    • Une ouverture à un monde parallèle, inconnu (son langage, sa culture…)
    • La satisfaction d'un projet mené à bien
    • Une prise de conscience de notre bonheur d'être en bonne santé… et que tout fonctionne.